30 ans d’échecs dans le choix et le développement de joueurs robustes

Michael McCarron

Cela fait trois décennies que le Canadien de Montréal traîne la réputation d’être une équipe de petit format qui a de la difficulté à rivaliser de rudesse avec la plupart des formations de la LNH. Les saisons se sont succédé, les directeurs gérants également, mais personne ne semble avoir pu trouver une solution à ce problème.

Une liste assez longue

Voici une liste de quelques joueurs, souvent au physique imposant, repêchés par le Tricolore depuis 1993, qui n’ont jamais été en mesure de se tailler une place au sein de l’équipe ou d’apporter cette touche de robustesse qu’on attendait de leur part, au moment de leur sélection.

Darcy Tucker

Bien que de petit gabarit, à 5 pieds, 10 pouces et 175 livres, Darcy Tucker a toujours joué comme un « costaud ». Choisi en 6e ronde au repêchage de 1993, le joueur de centre d’origine canadienne n’aura fait que passer au sein de l’organisation du Tricolore. Échangé au Lightning de Tampa Bay au cours de la saison 1997-1998, Tucker n’aura disputé que 115 parties avec le Bleu-Blanc-Rouge. Cette incapacité à se faire une place avec le club qui l’avait repêché n’allait cependant pas empêcher l’attaquant de devenir l’un des joueurs les plus détestables de toute la LNH et de cumuler un total de 947 parties jouées dans le grand circuit.

Brad Brown

Choix de premier tour en 1994, le défenseur de 6 pieds, 3 pouces et 218 livres n’aura disputé que 13 rencontres dans l’uniforme Bleu-Blanc-Rouge, entre 1995 et 1999, avant d’être échangé aux Blackhawks de Chicago, dans une transaction impliquant plusieurs joueurs.

Chris Murray

Repêché durant la même année que Brown, Chris Murray, un choix de 3e ronde, est un ailier droit de 6 pieds, 2 pouces et 209 livres qui aura pris part à 107 matchs avec le Canadien, de 1994 à 1996. Échangé par la suite aux Coyotes de Phoenix, en compagnie de Murray Baron, en retour de Dave Manson, Chris Murray allait rapidement disparaître du paysage de la LNH, au cours des années suivantes.

Terry Ryan

Première sélection du Canadien en 1995, l’ailier gauche de 6 pieds, 1 pouce et 207 livres n’aura joué que 8 rencontres avec Montréal depuis l’année de son repêchage jusqu’à la saison 1998-1999. Il n’aura plus jamais porté l’uniforme d’une équipe de la LNH par la suite.

François Beauchemin

Parmi les histoires qui font mal au coeur, le parcours de François Beauchemin avec le CH en fait clairement partie. Troisième choix de l’organisation en 1998, le défenseur de 5 pieds, 11 pouces et 208 livres aura croupi au sein de sa filiale, de la saison 2000-2001 à la campagne 2003-2004, n’endossant le chandail du grand club qu’à une seule occasion. C’est à la suite d’une erreur de Bob Gainey, qui ne jugea pas nécessaire de le faire signer un contrat de la Ligue américaine afin qu’il puisse jouer dans les mineures durant le lockout de 2004-2005, que la carrière de Beauchemin allait prendre son envol. Tout d’abord réclamé au ballotage par les Blue Jackets de Columbus, le défenseur fut rapidement échangé aux Mighty Ducks d’Anaheim où il allait enfin pouvoir s’affirmer comme un véritable joueur de la LNH.

Maxime Lapierre

En 2003, en deuxième ronde, le Tricolore fait de Maxime Lapierre, un centre montréalais de 6 pieds, 2 pouces et 200 livres, sa troisième sélection de l’encan. Combatif et provocateur, le jeune attaquant ne tarda pas à se forger une réputation de véritable peste au travers de la Ligue nationale. Bien qu’il soit le joueur, de notre liste, à avoir disputé le plus grand nombre de rencontres dans l’uniforme du CH, avec 293, Lapierre n’aura toutefois jamais réussi à se tailler une place définitive à Montréal.

Ryan O’Byrne

Choix de troisième ronde, en 2003 également, Ryan O’Byrne, malgré ses 6 pieds, 5 pouces et 234 livres, n’aura jamais su s’imposer au sein de la LHN. Après avoir disputé 128 parties avec le CH entre 2006 et 2010, le défenseur allait passer au Colorado contre l’ailier gauche, Michael Bournival. De son passage à Montréal, on se souviendra surtout du but qu’il avait compté dans son propre filet, le 24 novembre 2008, contre les Islanders de New York.

Ryan White

En 2006, au troisième tour du repêchage amateur, les Habs mettent la main sur un fougueux joueur de centre canadien, du nom de Ryan White. Fringuant, un peu comme Maxime Lapierre, l’athlète de 6 pieds et 197 livres allait rapidement devenir un maître dans l’art de faire sortir de leurs gonds les joueurs adverses. Cependant, au cours de ses six saisons passées à Montréal, White, à force de va-et-vient entre la LAH et la LNH, n’aura joué que 141 matchs avec le Canadien.

Jarred Tinordi

Fils de Mark Tinordi, un ancien défenseur qui savait ébranler les joueurs adverses avec de solides coups d’épaules, Jarred semblait avoir tout ce qu’il fallait pour rendre moins fragile la défensive du Canadien. Du haut de ses 6 pieds, 6 pouces et 225 livres, le premier choix de l’équipe à l’encan de 2010 avait de quoi inspirer le respect. Malheureusement, durant les quatre campagnes qu’il aura passé en tant que membre de l’organisation du Tricolore, ce choix de première ronde n’aura joué que 46 matchs dans la LNH avant d’être envoyé sous d’autres cieux.

Michael McCarron

Un autre premier choix format géant, au repêchage de 2013 cette fois, l’attaquant Michael McCarron (6 pieds, 6 pouces et 232 livres) donne l’impression de n’avoir jamais pu s’adapter à la vitesse d’exécution du hockey d’aujourd’hui. Après avoir vu la formation faire appel à ses services pour un total de 69 parties depuis la saison 2015-2016, il fut échangé, aux Predators de Nashville, le 7 janvier dernier, contre Laurent Dauphin, un jeune centre des ligues mineures.

Connor Crisp

Déterminé à se grossir au cours du repêchage de 2013, le Canadien jeta aussi son dévolu, au 3e tour, sur Connor Crisp, un autre joueur d’avant reconnu pour sa robustesse. À 6 pieds, 2 pouces et 220 livres, Crisp s’était forgé une réputation de bagarreur durant son stage dans les rangs juniors et c’est justement cette hargne que les Habs espéraient aller chercher en lui. Une fois de plus, la sélection ne rapporta pas les fruits attendus. Ne disputant aucune rencontre avec le Canadien de 2013 à 2016, Crisp allait prendre le chemin de la ECHL avant de prendre sa retraite, deux saisons plus tard, en raison de symptômes persistants d’une commotion cérébrale.

Brett Lernout

L’année suivante, en 2014, dans l’optique d’avoir dans ses rangs des défenseurs plus costauds, Montréal fit d’un certain Brett Lernout son deuxième choix, bien que sélectionné au troisième tour. Doté de jambes puissantes, l’arrière de 6 pieds, 4 pouces et 214 livres allait voir ses auditions dans le chandail du Canadien se limiter à 23 rencontres. En juillet dernier, il signa un contrat d’un an avec les Golden Knights de Las Vegas.

La question qui s’impose

À la lumière de ces nombreuses sélections (dont plusieurs de première ronde) qui ne sont jamais parvenues à se tailler une place au sein de l’alignement du Canadien de Montréal, il est à se demander si le problème avec le CH réside surtout dans ses choix en matière de joueurs robustes ou encore dans sa manière de les développer.

Peut-être serait-ce plutôt un mélange des deux.

Crédit photo : Habseyesontheprize.com

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